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10 février 2010
Deux indicateurs sont disponibles et interprétables pour évaluer la précocité ou non de la migration des saumons et son évolution : les captures (professionnelles, de loisir ou à des fins scientifiques) et les recensements dans les stations de comptages. La pêche sportive du saumon a été interdite en 1994 sur l’ensemble de l’axe Loire-Allier par mesure de protection. Les pêcheurs sportifs faisaient alors état d’une arrivée des saumons de plus en plus tardive sur la partie amont du bassin. Si les données de capture sont difficiles à obtenir, quelques informations publiées dans la presse halieutique font état de captures très tôt en saison dans le département de la Haute-Loire (situé à 780 km de l’estuaire). - 1913 : 15 janvier : « de nombreux saumons « argentés » sont arrivés au barrage de la Bageasse (à Brioude, 788 km de l’estuaire).
- 1914 : Brioude, « la saison du saumon tire sur sa fin, elle a été fructueuse de février à fin avril, environ 250 saumons ont été pris à la ligne, les plus gros 22 et 23 livres ».
- 75 ans plus tard, les captures des premiers saumons à la ligne en Haute-Loire déclarées par les membres de l’Association Protectrice du Saumon, entre 1982 et 1993, s’effectuaient en moyenne le 12 avril. Celles-ci sont de plus en plus tardives (environ 15 jours sur cette même période).
 Date de capture du premier saumon en Haute-Loire, de 1982 à 1993, par les pêcheurs sportifs (Source APS) et date de passage du premier quart des saumons à Vichy de 1997 à 2009 (Source LOGRAMI) La station de comptage de Vichy, mise en place depuis 1996, permet de comptabiliser tous les saumons, d’évaluer leur taille et donc leur âge de mer, et d’identifier ou non la présence de la nageoire adipeuse. L’enregistrement des passages des saumons à Vichy (650 km de l’estuaire), entre 1997 et 2009, fait également état d’un décalage moyen de 14 jours sur 10 ans avec une moyenne des passages du premier quart du contingent migrant le 2 avril. Une arrivée et une migration tardives des adultes peuvent occasionner dans le cas de la Loire puis de l’Allier des mortalités liées aux conditions environnementales (température, oxygène) et peuvent également restreindre l’accès aux zones propices à la reproduction. |